Antoine Bouvier,ancien PDG de MBDA,à Paris,le 11 mars 2025. ADRIENNE SURPRENANT / MYOP POUR « LE MONDE » Vendredi 14 mars,le président de la République,Emmanuel Macron,recevra les industriels de la défense pour leur fixer une nouvelle feuille de route visant à accélérer les cadences de livraison d’équipements. Antoine Bouvier,ancien PDG du missilier européen MBDA et ex-directeur de la stratégie d’Airbus,plaide pour une « application stricte du principe de préférence européenne ». Il juge que la France a su maintenir des compétences industrielles sur tout le spectre des armements,même pendant la période des « dividendes de la paix ». Cela doit lui permettre de relancer la production.
Quelles sont les conséquences des bouleversements géopolitiques actuels sur l’industrie française de défense ?
Après la fin de la guerre froide et la chute de l’Union soviétique [en 1991],nous avons vécu la période des « dividendes de la paix ». Le budget de la défense a longtemps été la variable d’ajustement du budget de l’Etat. Les industriels devaient être flexibles,mais à la baisse : réduction des quantités commandées et allongement des calendriers de développement. L’outil industriel était optimisé pour le permettre. Les stocks devaient être limités et la chaîne d’approvisionnement production aussi duale [civile et militaire] que possible.Il vous reste 87.69% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.