Jeff Ware,président de Resurgence Brewing Company,près d’un stock de canettes en aluminium provenant du Canada,le 27 février 2025,à Buffalo,à New York. LAUREN PETRACCA / AP Il faut s’habituer au vacarme de la conifieuse,une immense machine qui vient étirer et affiner les tuyaux d’aluminium qui deviendront les lampadaires des routes américaines et canadiennes : l’usine d’Alu MC3,dans la banlieue est de Montréal,tourne à plein régime. Et pour cause,il a fallu accélérer la production à destination des Etats-Unis avant l’entrée en vigueur des nouveaux droits de douane américains. Le président américain,Donald Trump,après avoir menacé d’imposer une surtaxe de 50 % à l’aluminium canadien,est finalement revenu,mardi 11 mars dans l’après-midi,à sa menace initiale,de 25 %,qui entre en vigueur mercredi 12 mars.
Les exportations d’Alu MC3 vers le voisin du Sud représentent le quart de son chiffre d’affaires : ce coup de massue tarifaire est suffisant pour la faire chanceler. La disparition des clients américains crée un manque à gagner prévu de 2 millions de dollars canadiens (1,3 million d’euros) pour 2025.
« On est épuisés. On essaie de se débattre pour sauver les meubles,confie Robert Bélanger,directeur général de l’entreprise. On est frappés à deux niveaux. Le coût de la matière première a augmenté dès l’élection de Trump [début novembre 2024],qui avait annoncé la couleur sur les droits de douane pendant sa campagne. Et notre aluminium,produit au Québec,est transformé aux Etats-Unis avant de revenir chez nous,il se voit donc imposer ces tarifs. Ces tubes d’aluminium vont nous coûter bien plus cher. »
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